Il commence par détourner la même locution populaire que le défunt Bashung à l’époque de What’s in a Bird. Sauf que chez Bertrand Belin, cela donne: «Petit à petit, l’oiseau fait son bec / Et quand vient le soir / Qui vient à coup sûr / Il veut avoir dit quelque chose.» Le chanteur breton, en escale à Paris depuis plus de vingt ans, cherche encore à faire sens en préambule de Persona, son sixième album aux propos souvent graves que des lignes musicales plus claires allègent. En quinze ans, Belin est passé maître dans l’art de générer l’évasion malgré un canevas plombant, l’échappée belle atmosphérique. La chanson de traverse continue ici de constituer sa prouesse.

«Plus j’avance, plus j’ai besoin de chansons qui aient un sens pour tous, qui aient leur légitimité à être, qui soient un peu citoyennes aussi, qui n’agissent pas dans le vent. Faire de la musique, c’est toujours l’expression de l’espèce humaine qui se manifeste. Des chansons qui pensent le monde et assument aussi une notion de plaisir. Mais c’est difficile dans un monde où tout fout le camp, qui est sous tension perpétuelle», précise l’élégant Belin à l’heure de l’entretien.