Georges Banu est le «guépard» de nos escapades théâtrales. Comme le prince du roman éponyme de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, cet historien de la scène, professeur naguère à la Sorbonne, assiste à la disparition d’un monde qu’il incarne avec sa barbe de boyard, son goût du whisky, ses élans d’amant de l’aube, son éthique de guetteur toujours à l’affût du singulier.

Chacun de ses livres est érudit et flâneur, empruntant à la critique structuraliste son attention à ce qui revient dans une œuvre; à Marcel Proust et à A la recherche du temps perdu sa science de la divagation. Son dernier ouvrage, Une Lumière au cœur de la nuit, est de ce point de vue une merveille.