«Le Secrétaire perpétuel et les membres de l'Académie française ont la tristesse de faire part de la disparition de leur confrère M. François Weyergans décédé le 27 mai 2019 à Paris», a indiqué l'Académie française dans un communiqué, au sujet de l'écrivain. 

A propos de son entrée à l'Académie française: «J'ai souvent pensé qu'il y avait du sadisme dans les dictionnaires»

Inspiré par Tintin et les Évangiles

Né à Bruxelles, François Weyergans était l'un des rares écrivains à avoir reçu à la fois le prix Renaudot (pour «La démence du boxeur» en 1992) et le prix Goncourt (pour «Trois jours chez ma mère» en 2005). Écrivain facétieux et inclassable, il avait été élu à l'Académie française en mars 2009 au fauteuil d'Alain Robbe-Grillet. Outre ses activités de romancier, François Weyergans aimait le cinéma et la danse.

Son oeuvre littéraire compte une quinzaine de titres parmi lesquels «La vie d'un bébé», dont le héros est un enfant dans le ventre de sa mère. François Weyergans était le fils de l'écrivain belge d'inspiration chrétienne Franz Weyergans. Il a essentiellement vécu en France, ne rejoignant sa Belgique natale que pour ses études à l'institut Saint-Boniface-Parnasse, qui fut aussi le lycée d'Hergé.

De ses origines familiales, Weyergans reconnaissait une double source d'inspiration : Tintin et les Évangiles. Passionné de cinéma, il était entré au début des années 1960 à l'Institut des hautes études cinématographiques (Idhec, devenu la Fémis) et a réalisé plusieurs films sur Maurice Béjart, son ami qu'il accompagnera jusqu'à son dernier souffle en 2007. Son long-métrage, «un film sur quelqu'un» avait été sélectionné en 1972 à la Mostra de Venise.

«Je suis un clown à message» 

En 1973, François Weyergans entre en littérature en publiant «Le Pitre», une histoire de psychanalyste, et reçoit le prix Roger Nimier. Commence alors une danse pleine de grâce et de folie, entraînée par une écriture rapide, comme une fuite en avant, mais toujours virevoltante et érudite. Il ne cessera d'aligner les récompenses: grand prix de littérature de la Société des gens de lettres et prix Sander Pierron de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, pour Les Figurants, qui paraît en 1980; le prix Victor-Rossel, le «Goncourt belge», pour Macaire le copte l'année suivante, et le Grand prix de la langue française à l'occasion de la parution de Franz et François en 1997 et pour l'ensemble de son oeuvre.

En 2009, il avait rejoint les immortels au cénacle de l'Académie française. «Les critiques ne cessent de me traiter de clown. J'aime bien ça (...). Mais je suis un clown à message», déclarait-il en 1989 à la sortie d'un livre justement intitulé «Je suis écrivain».

La danse de l'écriture s'achèvera pour François Weyergans par le roman Royal Romance. A l'occasion de sa parution en 2012, Le Temps l'avait invité à prendre en main, comme rédacteur en chef éphémère, tout un supplément culturel du Samedi.

Retrouvez ici, l'entretien qu'il nous avait accordé à cette occasion: «Personne ne m'a jamais donné envie d'être écrivain, sauf moi»