La crise sanitaire perdure à l’échelle du globe, nous plongeant de fait dans un scénario familier des fictions apocalyptiques. Comme pour conjurer le mal, nous avons célébré chaque semaine de l’été la catastrophe, genre prisé du cinéma et de la littérature. En voici le dernier épisode.

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Avions de chasse ou pas, l’armée suisse «est ridicule», lance un officier allemand qui s’y connaît. Pour éviter la fin du monde, qui s’amorce à Genève, il faudra que les forces aériennes d’Allemagne, soudain dotées de l’arme nucléaire, traversent de force l’espace aérien helvétique afin d’aller lâcher une grosse bombe sur le CERN. Mais que fait Viola Amherd?

Sorti en 2013, le téléfilm allemand Collider a un sous-titre (Wenn dein Land dich braucht) qui exprime bien l’urgence de la mobilisation. L'ouvrage fait date dans l’art télévisuel mondial, en dépit d'une réalisation qui n'a pas l'ampleur de son thème planétaire. Les scénaristes ont bondi sur l’hypothèse selon laquelle la mise en service du collisionneur de particules du CERN provoquerait un genre de trou noir engloutissant la planète. Il importe aux Bavarois de sauver le monde. Heureusement pour Pierre Maudet et ses concitoyens, des gens sur place réussissent à désamorcer l’aspirateur total. Les chasseurs reçoivent à l’extrême minute le contrordre et balancent la bombe dans le Léman. Sale temps pour les perches.

L’esthétique du désastre

Le film catastrophe a ses nanars. On n’y croise pas toujours des phénomènes aussi croustillants que les requins nazis ou à six têtes. La dureté de l’exercice tient aux exigences du spectacle du fléau, mais des réalisateurs ingénieux arrivent à s’en sortir.

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Il est une esthétique du désastre. L’écroulement de quartiers entiers de grandes villes, la puissance de vagues de 50 mètres de haut approchant des côtes, la rage du volcan et même le drame, moins visuel mais potentiellement glaçant, du virus qui ronge l’humain possèdent une beauté propre. C’est la raison pour laquelle le film catastrophe dépend, entre autres, de la capacité de production d’images fortes, donc de ses effets spéciaux et des talents informatiques. On ne fait pas un film de tornade saisissant avec le budget d’un long métrage suisse – à moins d’opter pour un contrepoint, le huis clos de personnes piégées dans le silo d’un magasin Landi alors que la tempête vrombit autour.

On donne même dans la géopolitique

Dès lors, les réalisateurs de navets parlant de désastre tentent d’autres voies. La géopolitique avec Périls sur la Terre (2008), sans doute l’un des films les plus soporifiques du monde, où les Iraniens ont fait sauter une charge nucléaire qui ferait s’écrouler le monde si une caporale américaine à deux sous et un écrivain barbant n’arrivaient à régler tout ça.

Un an auparavant, Luke Perry cautionnait Descente en enfer, une histoire de dérèglement des flux internes de la Terre (un décalque de Fusion) dans lequel on envoie un vaisseau au cœur de la sphère… en le filmant toujours à l’horizontale. Une singulière proposition de cinéma.

Mélangeons les catastrophes

Une option innovante consiste à mêler deux types de catastrophes. Déjà mentionné dans cette série, Airplane vs Volcano donne à la fois dans le cataclysme aérien – mince, il y a des méchants en cabine – et les éruptions de lave qui lèchent les ailes. En 2012, Metal Tornado invente le vortex magnétique qui tourne très vite et ravage les terres campagnardes de Pennsylvanie en aspirant tous les objets métalliques. Attention aux boîtes de conserve et aux voitures. Pas de chance pour la France, la compagnie qui a développé cette technologie a une filiale dans l’Hexagone. La tour Eiffel se trouve démantibulée comme une pile d’agrafes.

Plus fort encore: le feu. Interprété et coproduit par Casper Van Dien, vétéran des nanars, Fire Twister façonne une tornade de flammes, conçue par le patron sans scrupules d’une firme d’énergie verte. Car tout est matière à catastrophe, et cela n’est pas fini.

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