A l’Académie Menuhin de Rolle, on travaille dur. Les journées sont longues, le temps de s’échauffer à l’instrument, entamer un cours à 9h avec Renaud Capuçon, passer d’un professeur à un autre. «Je suis tellement occupé avec la musique et moi-même que je n’ai pas le temps de penser au coronavirus!» s’exclame Hiroki Kasai, violoniste japonais de 21 ans. «C’est éprouvant, il y a tant de choses à assimiler, mais j’étais content de pouvoir jouer à nouveau avec d’autres musiciens, après des mois de confinement où j’étais obligé de répéter seul dans une petite pièce.»

Le sourire aux lèvres, Hiroki Kasai, venu de Londres, partage sa joie avec la Russe Anastasia Lindeberg et le Français Joakim Cumont-Vioque. Tous trois s’autorisent une respiration après cinq jours de masterclasses menées tambour battant au Paul & Henri Carnal Hall. A travers la baie vitrée, on devine Renaud Capuçon, en pleine masterclass, avec une étudiante dans la grande salle de 900 places. Au premier étage, l’Ukrainien Oleg Kaskiv et le Français Guillaume Chilemme, l’assistant de Capuçon, donnent eux aussi des cours.