Si le Menuhin Gstaad Festival ouvre ses portes au même moment que celui de Verbier, sa problématique et sa culture sont différentes. Dans le canton de Berne, la manifestation couvre pratiquement deux mois, alors qu’elle ne se déroule que sur trois semaines dans le Valais. Et les directives gouvernementales sont différemment suivies, selon la culture germanique ou francophone. Christoph Müller explique les raisons du choix de ne pas annuler le festival et d’attendre les directives gouvernementales.

«Je pense que Verbier est plus pressé par le temps que nous, car l’organisation du montage de leur tente est très lourde, très coûteuse et doit commencer très tôt. Il leur faut aussi prendre des décisions rapidement pour les hôtels qui doivent accueillir les musiciens de leurs orchestres et pour la stratégie de leurs voyages. D’autre part, la France proche a pris des mesures drastiques et est fortement impactée par le coronavirus. Ce n’est pas la même chose du côté alémanique.»

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Il n’empêche que les décisions de sécurité sanitaires concernent tout le monde et que Verbier a été montré du doigt par les soignants. «Nous faisons confiance à nos dirigeants, ajoute le directeur. Il est trop tôt pour nous. Il reste environ quatre mois, et comme nous durons environ un mois de plus, nous pourrions peut-être envisager, au cas où les autorités nous demanderaient d’annuler en juillet, de conserver la partie qui se déroule en août. A ce jour, nous conservons notre programmation, qui doit débuter avec la Missa Solemnis de Beethoven dirigée par René Jacobs le 17 juillet. Nous faisons tout notre possible pour assurer les contrats des musiciens que nous avons engagés et dont nous sommes responsables de l’activité pendant le festival. Nous prendrons les mesures qui s’imposent au fur et à mesure de la situation, que nous réévaluerons après la date butoir du 19 avril.»

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