Lorsque Paul Celan se suicide à Paris en avril 1970, ce n’est pas seulement un des plus grands poètes de l’après-guerre qui disparaît, mais également une conscience tragique du XXe siècle. Juif de Bucovine, alors province roumaine, écrivain de langue allemande par tradition familiale, Celan s’est installé en France à la fin des années 1940, après avoir perdu ses parents dans les camps nazis. Il y composera une série de recueils poétiques à l’écriture dense et imagée qui relèvent le défi de l’incommunicable, dans la langue même des meurtriers.

Tout en demeurant toujours un peu étranger à sa patrie d’adoption, Celan n’en nouera pas moins de solides et profondes amitiés avec des poètes français d’envergure, aux premiers rangs desquels Yves Bonnefoy et André du Bouchet, alors à leurs débuts. Liens d’amitié évidemment inséparables de leur commun engagement en poésie.