Au début, c’était une chanson. Une guitare sèche, un hip-hop mélodique, la voix de Gaël Faye. Elle parlait de la mort qui s’était insinuée dans son Afrique des Grands Lacs: «Petit pays, te faire sourire sera ma rédemption, je t’offrirai ma vie à commencer par cette chanson.» C’était en 2013, on découvrait ce jeune rappeur fasciné par Aimé Césaire et Tupac Shakur.

Trois ans plus tard, Petit Pays est devenu un livre. Il y avait dans cette réécriture d’une enfance aux portes du génocide rwandais, dans ce débordement tourné en conte, une séduction immédiate qui a emmené le roman partout dans le monde jusqu’au Prix Goncourt des lycéens, mais surtout au cœur de centaines de milliers de lecteurs.