Du jamais-vu. L’année prochaine, il y aura trois nouvelles séries maison sur la RTS, trois sur SRF et une nouvelle en romanche. Sept séries suisses en un an.

Jeudi, la SSR a indiqué qu’elle compte doubler sa production en matière de feuilletons, aujourd’hui de trois à quatre par année, entre l’allemand et le français. L’effort de la SSR dévolu aux séries dans le Pacte de l’audiovisuel, un montage complexe du diffuseur public avec la branche, gonflera de 15 millions de francs sur un total actuel de 32,5 millions.

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Au moment où le groupe coupe 50 millions de plus

De mémoire d’observateur, il n’y a pas de précédent d’un réinvestissement aussi massif, toutes proportions gardées – le budget de la SSR est de 1,6 milliard –, sur un secteur précis. L’annonce doit faire grincer à l’interne, alors que le groupe public coupe encore 50 millions pour l’année prochaine, notamment dans les sports – le montant comprend déjà une réaffectation pour la fiction. Cité dans le communiqué, Sven Wälti, dont le poste est «responsable film à la SSR», explique que les séries permettent «d’atteindre plus souvent, et mieux, le public avec des histoires de notre pays». Il les distingue ainsi des «films de 90 minutes».

Ces propos valent une exégèse concernant le «plus souvent» – les séries cumulent la durée et la quantité – et le «mieux»: en somme, les feuilletons, ça percute plus efficacement les citoyens spectateurs qui paient leur coûteuse redevance.

L’argumentaire du groupe porte aussi sur la politique industrielle et le soutien à l’emploi. Les responsables défendent leur geste en arguant du fait que la hausse de la production de séries profite à toute l’industrie, des scénaristes aux sous-traitants techniques.

Doublages et sous-titrages promis

Dans le cas de la SSR, le pari sur les séries doit encourager le lancement de la grande plateforme numérique, à l’automne 2020, sur laquelle tous les Suisses retrouveront les contenus RTS, SRF, RSI et RTR. Les épisodes seront doublés ou sous-titrés dans les autres langues.

Ce qu’elle n’a pour ainsi dire jamais fait dans l’information ou le divertissement, la SSR va l’entreprendre pour les séries. Le spectateur d’une région linguistique découvrira ces étrangers que sont les Alémaniques, les Romands, les Tessinois ou les Romanches grâce… à la fiction. C’est si suisse.


Une polémique, en 2018, sur la fiction à la SSR: