Jamais on ne m’a autant demandé de conseils séries TV que ces jours. Je suis bien emprunté, moi qui dose a minima le visionnage des nouveautés pour avancer dans mon intégrale de Lost. Mais le fait ne surprend pas: le quasi-confinement, ça creuse l’appétit. D’ailleurs, à propos de chercher des séries, Le Temps vous fera un cadeau surprise de Pâques la semaine prochaine.

La boulimie ne s’arrête pas à la fiction TV. Les vieilles chaînes de TV annoncent des audiences spectaculaires, à peu près le double qu’à l’ordinaire. Chacun constate à quel point on se rend plus souvent sur le web, tandis que les Facebook-Twitter-Insta et autres bruissent comme jamais.

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L'urgence de publier sur les réseaux

Il y a deux jours, un chroniqueur du New York Times relevait que même certains gourous des réseaux, qui avaient sabordé leurs comptes Facebook et autres il y a deux ans ou plus pour se libérer l’esprit, les ont réactivés. L’urgence sanitaire suscite l’urgence des posts.

Pendant des années, nous autres journalistes avons fait des papiers et des vidéos sur la nécessité de se débrancher, de mettre au loin ces écrans qui nous consument. Pendant des années, vous autres lecteurs nous avez lus, et souvent approuvés. Le quasi-confinement fait voler en éclats ces bonnes résolutions. Les écrans, nous y sommes collés de l’aube à l’aube.

Une opération du «Temps»: Une semaine sans mon smartphone

Patrick Le Lay, toujours pertinent

Le 18 mars dernier, quelques jours après l’entrée en vigueur des confinements en Suisse et en France, l’historique dirigeant de TF1 Patrick Le Lay est décédé – a priori pas du Covid-19. L’homme reste celui qui avait formalisé le «temps de cerveau disponible» des téléspectateurs pour les annonceurs. Ces jours, la pub s’écroule, mais jamais les cerveaux n’ont été aussi aspirés.

Sans doute, quand le retranchement domestique sera pleinement levé, tout le monde sortira et profitera de l’incroyable réalité de la rue animée, du fait de revoir les gens à moins de deux mètres, de pouvoir organiser un barbecue sans masques. On peut néanmoins parier que cette période d’intimité radicale avec les pixels laissera des traces. Nous y resterons attachés comme jamais.

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