Hin Leong, qui signifie «prospérité» en chinois, a fait honneur à son nom jusqu’au printemps dernier. Créée en 1963 à Singapour par un immigré chinois, la société a commencé par livrer du diesel à des pêcheurs avec un seul camion. Avant de devenir l’un des principaux négociants de produits pétroliers d’Asie, générant un chiffre d’affaires dépassant 20 milliards de dollars pour un bénéfice de 78 millions, selon ses comptes 2019. La fortune de son fondateur, O.K. Lim, a été estimée à 1,5 milliard de dollars par Forbes. Puis le château de cartes s’est effondré, avec la mise en faillite décidée en avril dernier. Le négociant laisse une ardoise de quelque 4 milliards de dollars auprès de 23 banques, dont certaines financent le commerce de matières premières depuis Genève.

Des documents judiciaires montrent que Hin Leong a multiplié les opérations douteuses ou fictives destinées à dissimuler ses pertes. Quitte à les creuser encore davantage. Le 14 août, le patron Lim Oon Kuin (de son vrai nom) a été inculpé à Singapour pour falsification de documents. Parmi les nombreuses banques touchées, HSBC, ABN Amro et Société Générale le sont à hauteur de centaines de millions de dollars. Chacune. Contactées, ces banques n’ont pas souhaité faire de commentaire.