Des patrons exigeants, convaincus que leur tour est venu d’être soutenus par l’Etat. Les 26 et 27 août, l’université d’été du Medef, le mouvement des entreprises de France qui fédère le patronat, a donné le ton de la rentrée économique hexagonale, dont le point d’orgue sera l’annonce, jeudi 3 septembre, du détail du plan de relance gouvernemental 2020-2022 par le premier ministre Jean Castex.

Après le soutien budgétaire aux ménages, via les dispositifs de chômage partiel et les indemnités exceptionnelles pour les travailleurs indépendants et commerçants entre mars et juin (jusqu’à 1500 euros mensuels), les dirigeants d’entreprises estiment que le déploiement des 100 milliards d’euros consacrés à la reprise doit favoriser en priorité l’offre, et non la demande. Quitte à s’attaquer, à la faveur de la crise, au sujet explosif des 35 heures hebdomadaires de travail en vigueur depuis l’an 2000: «Je pense qu’il faudra rouvrir ce débat lorsque reprendront les négociations sur la réforme des retraites» juge le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, tout en évoquant pour cela 2021, voire 2022. Et de poursuivre, devant quelques journalistes: «Il faut aussi une baisse significative des impôts pour redonner de l’oxygène aux entrepreneurs.»