Le président Michel Aoun a reconnu, dimanche, la nécessité de changer le système politique au Liban. Quelques heures plus tôt, le chef du puissant Hezbollah pro-iranien Hassan Nasrallah, allié de Michel Aoun, avait annoncé être prêt à discuter d'un nouveau «pacte politique» dans le pays, où les communautés religieuses se répartissent le pouvoir.

«Parce que je suis convaincu que seul un Etat laïc est capable de protéger le pluralisme, de le préserver en le transformant en une réelle unité, je demande que le Liban soit déclaré Etat laïc», a affirmé Michel Aoun dans un discours à l'occasion du centenaire du Liban.

Des appels pour un changement politique 

Le chef de l'Etat était resté jusqu'à présent sourd aux revendications de la contestation déclenchée en octobre 2019. Dimanche soir, il s'est engagé à «appeler au dialogue les autorités religieuses et les dirigeants politiques afin d'arriver à une formule acceptable par tous», qui nécessiterait des amendements constitutionnels.

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Emmanuel Macron, premier dirigeant étranger à se rendre au Liban après l'explosion meurtrière au port de Beyrouth avait pressé les responsables politiques d'entreprendre des réformes politiques vitales. Il avait évoqué vendredi les «contraintes d'un système confessionnel» qui ont conduit «à une situation, où il n'y a quasiment plus de renouvellement [politique] et où il y a quasiment une impossibilité de mener des réformes».

Les responsables occidentaux qui se succèdent à Beyrouth se sont joints aux appels des Libanais pour un changement politique profond après la catastrophe du port de Beyrouth, qui a fait au moins 188 morts, et dont la classe politique est rendue responsable par négligence et corruption.

«Nous avons entendu l'appel du président français au cours de sa dernière visite au Liban à un nouveau pacte politique», a déclaré Hassan Nasrallah dans un discours. «Nous sommes ouverts à toute discussion constructive sur le sujet [...] mais à la condition qu'il s'agisse d'un dialogue libanais et que ce soit la volonté de toutes les parties libanaises», a ajouté le secrétaire général du mouvement armé.

Moustapha Adib devrait être nommé premier ministre

Visant à répartir le pouvoir entre les différentes communautés du pays qui en compte 18, ce système est accusé d'être la source de blocages politiques. Lors de sa première visite à Beyrouth le 6 août, le président Macron avait annoncé qu'il allait proposer un «nouveau pacte politique» avec des réformes nécessaires, sans quoi «le Liban continuera de s'enfoncer». Le président français doit rencontrer mardi à nouveau les représentants des principaux partis politiques, dont le Hezbollah.

Dans le même temps, des consultations parlementaires sont prévues lundi matin pour désigner un nouveau premier ministre, le chef du gouvernement Hassan Diab, ayant démissionné le 10 août, sous le coup de l'explosion meurtrière qui avait dévasté des quartiers entiers de Beyrouth.

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Dimanche soir, les ténors de la communauté sunnite ont annoncé s'être entendus sur le nom de l'ambassadeur du Liban en Allemagne, Moustapha Adib, qui devrait être entériné lors de ces consultations. Cette démarche vient illustrer le mode de fonctionnement du système confessionnel, le poste de premier ministre étant réservé à la communauté musulmane sunnite.

Le mouvement de contestation populaire a averti qu'il rejetterait tout nom issu des consultations d'une classe politique dont il demande le départ.