La semaine dernière, la Tribune de Genève consacrait un portrait à Guy Mettan alors qu’il s’apprête à quitter la présidence du Club suisse de la presse qu’il a cofondé il y a une vingtaine d’années. Une belle aventure. Notre ex-confrère est décrit comme un «provocateur», un être «incontrôlable», «un leader né… politiquement incorrect». Pierre Ruetschi, ex-réd’chef de la TDG parle d’un «fonceur qui n’a peur de rien et surtout pas de défendre des opinions à contre-courant»!

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C’est vrai, Guy Mettan agite volontiers le «politiquement incorrect». Il en fait même un titre de gloire. Ce n’est pourtant pas son mandat de député PDC qui en ferait le «bad boy» de la politique genevoise… Non, sa réputation de «frondeur» vient de son soutien affiché à des «hommes forts»: feu Fidel Castro, Bachar el-Assad, Vladimir Poutine ou Xi Jinping. Ou plus exactement à des gouvernements qui, selon lui, ont une vraie légitimité populaire. Ce n’est pas de la simple provocation. Il croit que les «Occidentaux», aveuglés par leur conception «politiquement correcte» du monde (dictée par les médias américains), sont incapables de saisir les vrais ressorts de ces univers si différents de nos démocraties.

Du coup, celui qui critique les décisions d’un Poutine est qualifié de «russophobe» (il a fait de ce thème un livre), celui qui dénonce les pratiques du Parti communiste chinois est soupçonné de ne pas comprendre la culture chinoise, etc. Il se fait ainsi le fidèle relais du discours diplomatique de ces pouvoirs autoritaires pour lesquels un leader, un parti, un peuple et un Etat se confondent. C’est évidemment son droit. On peut même juger que c’est courageux. On pourrait ajouter que, du point de vue de ces régimes, il a une lecture politiquement très correcte…