Il a suffi d’un tweet pour déclencher l’avalanche. Conférence de presse présidentielle à l’Elysée, jeudi 25 avril. Gentiment surpris et irrité par la manière dont deux journalistes vedettes de BFM TV et CNews – Apolline de Malherbe et Laurence Ferrari – viennent d’interroger Emmanuel Macron avec emphase, de façon théâtrale et courtisane, je lâche, de mon clavier, un petit gazouillis étonné de huron: «De plus en plus convaincu qu’en France, les chaînes d’information continue font partie du problème. CF longues questions pathos de @BFMTV @apollineWakeUp @CNEWS @LaurenceFerrari #conferencedepresse». Juste une remarque pour dire ma surprise d’une telle mise en scène. Et voilà que les pierres, sur Twitter, se mettent à dévaler: 344 retweets. 730 Like en quelques heures. Plus une cinquantaine de commentaires pour partager, relayer et amplifier mon étonnement.

L’affaire aurait pu en rester là. Qui suis-je, après tout, pour juger de ce qui déraille dans le PAF, le fameux paysage médiatique français? Ne suis-je pas, moi aussi, quelquefois sur ces plateaux au nom du Temps? Sauf que la lecture des commentaires s’avère révélatrice. «Entièrement d’accord – ces chaînes ne délivrent plus de l’info, 90% du temps elles commentent l’info et cherchent à faire du buzz avec des petites phrases hors contexte – Bref l’appauvrissement intellectuel», s’énerve l’un. «Les chaînes TV font œuvre de décérébration quotidienne», commente un autre. «Bon désintoxicant des miasmes de la presse hexagonale!» bombarde un troisième. Le tout, sur fond d’une nouvelle colère anti-médias des «gilets jaunes» qui, samedi 27 avril, ont à nouveau défilé, en colère, devant les sièges parisiens des grands médias: TF1, LCI, CNews et BFM TV.