Commençons par Paris Match. Dans son édition du 20 août, le premier magazine people de France affiche en une la sérénité du couple présidentiel. Emmanuel et Brigitte sont en jeans, elle en tailleur blanc, lui en chemise blanche sans col, un bouton savamment ouvert. Quelques dossiers sont posés sur la table, pour bien montrer que l’heure, au sommet de l’Etat, n’est jamais à la détente complète. Une seule tasse de café jouxte les feuilles de papier dont aucune écriture ne dépasse, histoire d’éviter le piège d’une photographie volée. La mise en scène est bien sûr totale. Mais l’on ne peut s’empêcher, en regardant cette couverture de Match, de ressentir une tranquillité nouvelle. De respirer l’air d’un été politique qui, malgré la crise sanitaire toujours aiguë, aura été le moins politiquement meurtrier du quinquennat.

Un premier été, et déjà des nuages à l'horizon

Petit rappel historique. L’été 2017, quelques semaines après l’élection présidentielle remportée face à Marine Le Pen par le «conquérant» Macron, est celui de l’activisme revendiqué. Pas question, pour le plus jeune président que la France ait connu, d’apparaître tenté par le repos alors que la tâche est immense, puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, de «transformer» ce vieux pays. Le nouveau locataire de l’Elysée s’affiche alors comme il est réellement: libéral et fonceur. Les ordonnances visant à réformer la SNCF et à rendre plus flexible le très rigide marché du travail hexagonal sont en préparation. Le dernier week-end de vacances, à la fin d'août, se déroule non à Brégançon, sur fond de cigales méditerranéennes, mais au Touquet, le port d’attache familial nordiste où le couple s’est marié dix ans plus tôt, en octobre 2007. L’été n’est pas sans nuages car, déjà, la contestation sociale gronde. Suivront des semaines de manifestations, et un premier bras de fer social remporté par le jeune président.