Marco Chiesa, c’est le joker de la politique suisse. L’homme capable de gagner à la dernière minute. De créer la surprise. En 2015, il détrône au Conseil national le sortant Pierre Rusconi, Quatre ans plus tard, il entre dans l’histoire en devenant le premier UDC à représenter le Tessin au Conseil des Etats. Cette fois-ci, il joue les sauveurs, dans les ultimes secondes. Après plusieurs mois de recherche désespérée, l’UDC n’avait toujours pas déniché sa nouvelle vedette, celle qui présiderait le parti. Après un premier refus, l’ancien directeur d’EMS a accepté de se lancer dans la course. Au grand soulagement des caciques et des militants.

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Cette difficulté à trouver un successeur à Albert Rösti illustre la situation très délicate dans laquelle se trouve la première force politique du pays. Elle multiplie les échecs électoraux, aussi bien dans les cantons que sur le plan fédéral. Lors des votations, elle ne parvient plus à convaincre au-delà de ses propres rangs. D’ailleurs, l’UDC mène actuellement une campagne très timorée pour défendre son initiative contre la libre circulation.

Absence de relève

Les démocrates du centre ont perdu leur capacité de mobilisation. Notamment par manque de personnalités. Cette formation a besoin d’un leader. Comme Christoph Blocher, Ueli Maurer ou Toni Brunner. Un communicateur. Marco Chiesa l’est assurément. Un bémol tout de même, son niveau d’allemand est plutôt faible. Ce qui pourrait être un handicap sérieux dans un parti très alémanique. Avec le risque que Magdalena Martullo-Blocher, vice-présidente, prenne trop de place. Au sein de l’UDC, certains reprochent, d’ailleurs, au Tessinois d’être trop proche du clan Blocher. Avoir le soutien du tribun reste essentiel. Sur la même ligne que lui sur la politique migratoire, il devrait apporter une vision différente sur la politique sociale et les questions de société. Une ouverture saluée en Suisse romande. Une région où l’UDC espérait encore percer, mais qui souffre d’une absence de relève. La conseillère nationale Céline Amaudruz et le président de l’UDC vaudoise, Kevin Grangier, sont bien seuls pour relancer cette formation qui a grandi si vite.

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