Et si ce n’était qu’une illusion? Et si, sous le couvert de donner l’impression à leurs clients qu’ils peuvent désormais gérer leur santé eux-mêmes, les géants du web leur retiraient, en réalité, ce pouvoir? La question se pose chaque semaine avec un peu plus d’acuité au vu des avancées d’Amazon, de Google ou d’Apple dans le domaine de la santé. Ces multinationales américaines avancent progressivement leurs pions sur un marché aussi lucratif que sensible, ce qui doit requérir une vigilance extrême de notre part.

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D’un côté, il y a ces petits objets connectés que ces géants du web mettent à nos poignets pour, selon leurs dires, nous donner le contrôle sur notre santé. Il y a bien sûr l’Apple Watch. Il y a le rachat, par Google, du fabricant de montres connectées Fitbit. Et il y a le lancement, la semaine passée, par Amazon d’un bracelet notamment capable, via des micros, de déterminer notre humeur… sans parler de son app promettant, via les selfies que l’on prendra en petite tenue, de mesurer notre masse graisseuse…

Bien sûr, ces capteurs et apps peuvent nous permettre de détecter des soucis de santé et nous aider à atteindre des objectifs. Mais derrière cette volonté de donner le contrôle aux utilisateurs, il y a aussi le risque d’une aspiration phénoménale de données ultrasensibles, malgré les promesses de ces multinationales. Et surtout, ces petits gadgets connectés ne doivent pas masquer le contrôle que Google ou Amazon eux-mêmes sont en train de prendre sur le système de santé.

Sans toujours l’annoncer publiquement, tous les géants du web testent, avec des hôpitaux, des systèmes de gestion des données du patient. D’abord aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, mais c’est bien sûr un marché mondial qui est visé. Organiser, analyser des données si personnelles, souvent sans que les patients ou les responsables des systèmes de santé en soient conscients.

Google, Apple, Microsoft ou Amazon peuvent apporter une expertise, une puissance de calcul, d’interprétation, voire de prédiction, extraordinaires. Mais ces avantages indéniables ne doivent jamais nous empêcher de nous poser la question du contrôle – un mot si important – des données et du risque, à terme, de dépendance face à des technologies issues d’entreprises privées.