Cet été le délitement de la paix et de la sécurité internationales ne s’est pas ralenti et les points chauds de la planète ont été portés à ébullition. Affrontements des marines de guerre dans la mer de Chine méridionale et dans la Méditerranée orientale; coup d’Etat à tendance islamiste au Mali; explosion physique et politique au Liban; défaite du maréchal Haftar en Libye au profit du Gouvernement national appuyé par la Turquie; mouvements de protestation en Biélorussie; pression maximum sur l’Iran où les positions européennes s’opposent frontalement aux intérêts américains à l’ONU.

Interview de Josep Borrell

Dans une récente interview, Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’Union européenne, attribue les crises qui ont éclaté dans le voisinage de l’UE à la volonté de puissance de trois Etats qui cherchent à renouer avec l’époque glorieuse où ils constituaient de grands empires: Chine, Russie et Turquie. Ces trois pays ont en commun une défense agressive de leur souveraineté, y compris dans les régions adjacentes à leur territoire, dont ils font des zones d’influence exclusives; un régime autoritaire à l’intérieur; enfin, tous trois contestent les règles du jeu global qui reflètent les rapports de force d’un autre temps, ce en quoi ils n’ont pas entièrement tort. L’UE est interpellée par la situation en Biélorussie qui ne devrait pas favoriser de nouveaux empiétements de la Russie; il y va aussi et surtout du respect de la démocratie. De même l’UE est-elle préoccupée par la montée des tensions déclenchées dans les eaux grecques et chypriotes par la Turquie, qui prend ses rivaux à revers en s’alliant avec la Libye. Ankara s’assure un accès aux fonds marins porteurs de ressources gazières qui ne lui reviennent pas naturellement. De plus le président Erdogan neutralise les Européens en menaçant comme il y a cinq ans de lancer sur les routes et les voies maritimes de l’Europe les flots de réfugiés qu’il contrôle depuis son territoire et maintenant depuis la Libye. Avec la Chine, l’Union européenne a un lourd contentieux du fait des politiques suivies à Hongkong et au Xinjiang, et dans le secteur technologique.