Le Bayen Munich contre le PSG. C'est davantage qu'un match de football. Quand le PSG a fêté sa demi-finale gagnée en étalant sur les réseaux sociaux son bonheur, devant des supporters, le club bavarois est allé directement se retrancher dans son camp de base, loin de la foule, après sa qualification, selon l'AFP.

«Nous étions très heureux, mais on prépare la vraie célébration pour la finale, si on la gagne», a reconnu l'ailier munichois Kinsgley Coman, formé au PSG.

Circonstances spéciales

A Paris, et alors que la situation sanitaire liée au covid inquiète toujours, le match sera retransmis sur les écrans géants du Parc des Princes devant 5 000 supporters, la jauge maximale imposée par le gouvernement, et l'avenue des Champs-Elysées sera réservée aux piétons dimanche soir, mais il n'y aura pas de «fan zones" dans la capitale. A Munich, une nouvelle victoire fera couler la bière, comme de coutume.

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Entre le champion de France, puissance récente du football qui profite à fond d'un parcours inédit dans ses 50 ans d'histoire, et le Bayern, l'aristocrate concentré jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il veut, c'est d'une guerre des mondes que le «Final 8» a accouché.

Du modèle économique à l'image, du palmarès à la gestion de la pandémie de coronavirus, Parisiens et Munichois s'opposent sur presque tous les plans.

Un Bayern à l'ancienne

Le fonctionnement du Bayern, qui se pose en exemple du club géré «à l'ancienne» sans dépenser plus qu'il ne gagne, va à l'encontre de celui du PSG, qui a bénéficié de l'investissement massif de son propriétaire qatarien (arrivé en 2011) en flirtant avec les limites du fair-play financier.

Cette finale confrontera «le rêve millionnaire du PSG face à l'empreinte du Bayern», titre d'ailleurs Marca, le journal le plus vendu d'Espagne. «Petrodollars contre la vieille Europa», a résumé As à sa une dimanche.

Mais sur le terrain, c'est surtout une affiche de rêve. D'un côté, le «Rekordmeister», victorieux de ses 21 derniers matches, vise le triplé, après avoir déjà empoché la Bundesliga et la Coupe d'Allemagne cet été. Son carton face au FC Barcelone (8-2), en quarts, a fait de lui le grand favori pour le titre final.

«Avant la finale, la foi du Bayern en ses propres forces est inébranlable», souligne le Süddeutsche Zeitung, le grand journal de Munich.

Un PSG en progrès

De l'autre, le PSG est monté en puissance durant son séjour lisboète, malgré les blessures et le manque de compétition en raison de la fin anticipée de son Championnat dès mars. Le duo formé par Kylian Mbappé et Neymar le rend capable de battre n'importe qui.

«Tous derrière Paris», titre à la une de son édition dominicale le journal Le Parisien, voyant dans le PSG une «équipe soudée» et soutenue «par toute une nation», qui a "rendez-vous avec son destin".

Le club de la capitale française est «aux portes du paradis» et «peut entrer dans l'histoire en remportant sa première Ligue des champions», écrit quant à lui le quotidien sportif français L'Equipe. Car, un seul club français a soulevé la coupe aux grandes oreilles, l'Olympique de Marseille en 1993. Sur le papier, la saison 2019-2020 a trouvé un dénouement en apothéose, après plusieurs mois qui ont bouleversé son fonctionnement. Mais c'est aussi le Bayern qui a la préférence des bookmakers.

«Nous avons plus de meilleurs joueurs à tous les niveaux qu'à l'époque», a estimé le gardien Manuel Neuer, en comparant l'effectif actuel à celui de 2013, l'année du dernier titre européen des Bavarois dont il est l'un des derniers rescapés.

Folles statistiques

Les statistiques folles des Munichois, qui marquent plus de quatre buts par match en C1 cette saison, font d'eux une machine à gagner. Le Polonais Robert Lewandowski, meilleur buteur de la compétition (15 buts), réalise une saison (55 buts en tout) qui le placerait parmi les favoris au Ballon d'Or, si la pandémie n'avait pas eu raison du trophée 2020.

Les hommes de Hansi Flick restent sur une demie plutôt maîtrisée contre Lyon (3-0), même si les occasions concédées à l'OL en début de match ont laissé entrevoir quelques failles, notamment le positionnement trop haut d'une équipe très tournée vers l'attaque.

De ces espaces, Neymar et Mbappé pourraient en faire leur miel. «C'est notre point fort, clairement», a reconnu l'entraîneur du PSG Thomas Tuchel, vantant les qualités de un-contre-un de "Ney" et de vitesse de «Kyky» qui se complètent.

En grande forme cet été, la superstar brésilienne tient l'occasion de justifier les 222 millions d'euros payés lors de son recrutement au FC Barcelone en 2017.

Cette première finale de C1 de son histoire a déjà écarté le spectre de la «malédiction» européenne que les supporters craignaient, même si Paris doit encore compter avec quelques doutes avant la finale, au sujet du gardien Keylor Navas incertain.