Certains destins sportifs se sont construits dans des espaces restreints. A l'heure du confinement généralisé et des compétitions à l'arrêt, ils peuvent représenter une belle source d'inspiration

Adolescente, elle multipliait déjà les tours du monde sans même avoir à bouger d’Antony, la ville de banlieue parisienne où elle a grandi. Précisons: tours du monde avec ballon. Le geste consiste à enrouler son pied autour de la sphère et à en faire le tour avant de reprendre sa série de jongles. C’est l’un des tricks de base du football freestyle, la discipline qu’elle s’est choisie. Bien lui en a pris. Aujourd’hui, Lisa Zimouche, 20 printemps, compte plus de 2 millions de fans sur Instagram. Haute de 1 m 65, elle a défié Ronaldinho, joué contre Zidane, mis un petit pont (sa spécialité) à Mario Balotelli. Et est allée faire étalage de ses skills de Los Angeles à Moscou en passant par Le Caire.

Elle a d’abord fait du foot traditionnel, commencé au city-stade en bas de chez elle. Joué dans différents clubs des Hauts-de-Seine, puis rejoint le Paris Saint-Germain où elle a évolué jusqu’en U16. Son habileté naturelle ballon au pied, elle la travaille en parallèle en faisant du freestyle, «un espace de créativité» face au foot et ses consignes strictes à respecter sur le pré. Un côté athlète-artiste qu’elle s’en va développer auprès du Team S3, un collectif de freestylers qui tentent de faire monter la discipline en France au début des années 2010. Lisa a alors à peine une dizaine d’années.