Parmi les nations du football européen, la Belgique est-elle en avance ou à contre-courant? Il faudra attendre un peu pour le savoir. Mais le conseil d’administration de la Pro League, qui administre les deux premières divisions du championnat, préconise l’arrêt pur et simple de ses compétitions à une journée de la fin de la saison régulière, et avant les play-off. La décision finale sera prise en assemblée générale le 15 avril, mais cette position tranche avec l’opinion très répandue qu’il faut tout mettre en œuvre pour que l’exercice 2019-2020 aille à son terme.

L’UEFA venait même d’annoncer qu’elle allait supprimer toutes les rencontres internationales prévues cet été afin de libérer des dates afin que les ligues domestiques aient plus de marge pour se dérouler jusqu’au bout. L’enjeu: ne pas fausser la course aux places européennes, ni les luttes de promotion et de relégation aux différents niveaux.

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Merci, mais non merci, répondent les administrateurs de la Pro League belge. «La situation actuelle, particulièrement précaire, dans laquelle se trouve notre pays a comme conséquence que le sport n’est pas et ne peut pas être considéré comme la première préoccupation, aussi divertissant et relaxant soit-il», écrivent-ils dans un communiqué. Ils se sont basés sur des recommandations «selon lesquelles il est très peu probable que des matchs avec public puissent avoir lieu avant le 30 juin» et sur l’incertitude quant à «savoir si et à quel moment une reprise des entraînements collectifs peut être prévue».

Les matchs à huis clos sont «théoriquement possibles», mais il convient selon eux «d’éviter la pression supplémentaire que l’organisation de ces matchs exercerait sur les services de santé et les forces de l’ordre».

Club Bruges champion?

Le conseil d’administration recommande en outre de tenir pour définitif le classement des championnats à ce jour, ce qui permettrait au Club Bruges de décrocher son 16e titre national. Il pointait en tête avec 15 points d’avance sur son plus proche poursuivant après vingt-neuf journées.

Les responsables des principales ligues européennes semblent pour l’heure privilégier la piste d’une saison allant à son terme, quitte à déborder (largement) sur l’été. La Premier League anglaise serait tentée, selon les médias britanniques, d’organiser les matchs restants à huis clos et dans un ou deux stades seulement. Les effectifs seraient «en quarantaine» et ne se déplaceraient qu’entre infrastructures sportives et hôtels minutieusement désinfectés.

En Allemagne, où certaines équipes ont repris l’entraînement, la piste d’un «tournoi» destiné à finir le championnat en seize jours seulement a été évoquée. Et en Suisse, la possibilité de reprendre le championnat au mois de juin est la piste privilégiée, selon le directeur de la Swiss Football League, Claudius Schäfer, cité par la Neue Zürcher Zeitung.

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Mais un peu partout en Europe, des voix éparses de dirigeants, de clubs et de joueurs commencent à s’élever pour demander un arrêt des compétitions, qui dans le contexte actuel ne font plus sens. Et si la Belgique faisait école?