Un parti politique évolue sans cesse. Son personnel se renouvelle, ses priorités aussi. Le climat et l’égalité hommes-femmes sont, par exemple, devenus des thèmes incontournables. Comment les anciens vivent-ils ces évolutions, quel regard les jeunes portent-ils sur l’avenir de leur formation? Cette série propose des rencontres entre des personnalités qui ont marqué les cinq grands partis du pays et ceux qui incarnent la relève.

Episodes précédents:

Un homme, masqué, casquette bleue vissée sur la tête, veston à carreaux de la même couleur, pantalons rouges, regarde autour de lui… à la fois curieux et un peu inquiet. Est-il au bon endroit? Oui, il est bel et bien au parc La Grange, à Genève, dans le quartier des Eaux-Vives. Ce n’est pas lui qui a choisi le lieu du rendez-vous, mais une jeune femme qui arrive avec son vélo. Très élégante dans sa robe noire, elle parque sa bicyclette et s’approche, tout sourire. Elle l’a reconnu. Première rencontre. Joseph Deiss enlève son masque porté dans le train. Il se présente, en toute modestie. Delphine Bachmann en fait de même, légèrement intimidée de rencontrer un ancien conseiller fédéral.

La toute nouvelle présidente du PDC genevois n’a pas le temps d’expliquer son choix. Joseph Deiss, sur un ton qui rappelle qu’il a été professeur, disserte aussitôt: «Henri Dunant a célébré ici la signature de la Convention de Genève. Ces accords sont la contribution la plus fondamentale à la paix dans le monde.» Delphine Bachmann rayonne. Cet endroit verdoyant plaît à l’ancien ministre des Affaires étrangères. Elle s’émerveille devant tant de beauté: «Il y a la vue sur le lac, sur les organisations internationales.» En bonne politicienne, elle ne peut s’empêcher d’ajouter: «L’ouverture, la Genève internationale, le dialogue, c’est l’ADN du PDC.»