Le corps de Regan qui rebondit sans raison apparente sur son lit, les yeux de la fillette qui se révulsent, sa tête qui tourne à 360 degrés ou encore son corps qui descend les escaliers dans une position inexplicable. Les scènes mémorables de L’Exorciste, réalisé par William Friedkin et sorti en 1973, ont marqué les esprits et figé l’image de l’exorcisme pour le grand public. Les films consacrés à ce rituel, sortis en salle depuis, n’ont pas aidé à réduire les nombreux fantasmes qui entourent cette pratique. Pourtant, ces séquences sont à l’exorcisme ce que James Bond ou Jason Bourne sont aux agents secrets: à des années-lumière de la réalité.

«L’image de l’exorcisme est très forte. Elle met l’accent sur ce qui n’est pas essentiel: le côté spectacle de la chose», appuie l’abbé Philippe Aymon, installé dans un fauteuil de son appartement sédunois. Le curé de la cathédrale de Sion est un homme d’Eglise pas tout à fait comme les autres. Il est l’un des quatre prêtres – trois dans le Valais romand et un dans le Haut-Valais – nommé par l’évêque de Sion, Monseigneur Jean-Marie Lovey, pour pratiquer l’exorcisme au sein du diocèse. Il coupe: «Je ne suis pas exorciste, je suis appelé à faire des discernements. Et si besoin est, je ferai un exorcisme.»